La France a immatriculé 156 629 voitures particulières neuves en septembre 2026, soit 11,6 % de plus qu'en septembre 2025. Parmi elles, 65 243 voitures électriques : 41,6 % du marché, en hausse de 107,5 % sur un an. C'est le plus haut niveau jamais atteint par l'électrique en France sur un mois.

Les chiffres viennent de la Plateforme automobile, sur données AAA Data, publiées le 1er octobre. Une précision utile avant d'aller plus loin : selon les relevés, le total du mois est donné à 156 629 ou 156 640 unités, et la part de l'électrique à 41,6 % ou arrondie à 42 %. L'écart est négligeable, mais il explique pourquoi deux articles sur le même mois n'affichent pas exactement le même pourcentage.

Quels modèles se sont le plus vendus en septembre 2026 ?

Le classement du mois est électrique en haut de tableau. La Tesla Model Y arrive première avec 8 183 immatriculations. La Renault 5 suit avec 5 224 unités, devant la Renault Twingo nouvelle génération, autour de 4 990 unités pour son premier mois plein. La Peugeot 208 se place ensuite avec 3 274 unités, puis le Renault Scénic à 2 738.

Quatre des cinq premières places pour des voitures électriques, et trois pour le groupe Renault : c'est la première fois que le haut du marché français ressemble à cela.

Où en est l'électrique sur l'année ?

Sur les neuf premiers mois de 2026, le marché français totalise environ 1 235 000 immatriculations, en hausse d'environ 4 %. L'électrique y pèse 387 000 unités, soit 31,4 % du cumul annuel, contre 18,3 % sur la même période en 2025.

Autrement dit : la part annuelle a gagné treize points en douze mois. Le mois de septembre à 41,6 % n'est donc pas un accident statistique, mais le point haut d'une courbe qui monte depuis le début de l'année.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Deux prudences s'imposent avant de conclure à une bascule définitive.

La première tient au calendrier. Septembre est traditionnellement un mois fort, et les aides à l'achat en vigueur cette année créent un effet d'anticipation : une partie des immatriculations du mois correspond à des commandes passées plus tôt et livrées avant une échéance. Le vrai test sera le premier trimestre 2027, hors période d'aide.

La seconde tient à la nature du marché. Une immatriculation n'est pas une vente à particulier : les flottes d'entreprise et les voitures de démonstration entrent dans le même total. Sur l'électrique, cette part est historiquement plus élevée que sur le thermique, ce qui gonfle mécaniquement le pourcentage sans correspondre au même nombre d'acheteurs privés.

Cela ne retire rien au chiffre : 65 243 voitures électriques immatriculées en un mois en France est un record, et le doublement sur un an est réel. Mais entre un record mensuel et un basculement de marché, il reste un trimestre d'observation.

Et pour les voitures d'exception ?

Un marché neuf qui s'électrifie à cette vitesse a un effet indirect sur le marché de collection, et il est déjà visible : la raréfaction programmée des moteurs thermiques atmosphériques nourrit la demande sur les voitures des années 1990 et 2000, celles qui précèdent la généralisation de la suralimentation et de l'hybridation.

Le Mondial de l'Auto, qui ouvre le 12 octobre porte de Versailles, offrira une lecture directe de cet écart : des dizaines de nouveautés électriques sur les stands, et un plateau de voitures d'exception thermiques réuni dans un hall séparé, apporté non par les constructeurs mais par des collectionneurs.